
04 novembre 2009
Blessure d'amour ( prose )

Le temps d'une saison,
je fus le jouet d'un gamin capricieux
Qui, au gré de ses fantaisies,
Me manipula à volonté .
Lorsque ses insomnies
S'éternisaient jusqu'à l'aube,
Moi sa poupée préférée,
Je gesticulais pour son plaisir .
Il m'applaudissait
A l'apogée de son allégresse
Essentielle, je me croyais
A ses yeux, sa déesse .
Il me hissa au rang d'âme soeur,
Illusion ou vérité ?... Baliverne!
Naïve, je formulai le voeu
De partager sa destinée .
Tandis que je m'évertuais
A le chérir sans limite,
De son côté, il renouait une idylle
avec celle qui hantait ses pensées .
Blessée de tant de duperie,
Je déclinai dans l'obscurité .
Fatalement mon reflet s'estompa,
Telles des traces ensevelies par le sable .
Trop de larmes, j'ai versées .
Refusant l'évidence,
Je gardais l'espoir
D'être à nouveau sa favorite .
Hélas, la réalité sonna le glas .
Telle une digression,
Inévitablement,
Ma parenthèse se referma .
"On ne badine pas avec l'amour"
Disait Alfred de Musset ;
Jouer avec mes sentiments
N'élèvera pas son édifice .
Pour récompense, son dédain ...
Mais sache qu'un autre gamin
Obtiendra mes faveurs,
Et les appréciera à leur juste valeur .
Alors reste avec ta marionnette
Si tel est ton désir,
Pour ma part, j'offre
Mon coeur à qui le cajolera .
Mais confiance échaudée craint la trahison ...
*
*
ETOILE-filante
01 novembre 2009
Pêche-Abricot

Ô pêche bien galbée
Au toucher duveteux
Mûre d'un jus fameux
Supplie une bouchée.
*
Pêche-abricot au frais duvet,
Veloutée aux chairs rose doré
Sur un teint doux et léger, l'ambre
De longs cils font de l'ombre.
*
Un coulis de myrtilles
Enrobe sa rondeur
Gorgée d'une liqueur
Salivant les papilles.
*
Belle de... Vitry ou téton de Vénus,
Pulpe exquise, joli fruit charnu,
Délicat velours très finement paré,
A coeur si profondément sillonné,
*
Fendue jusqu'au noyau
De Chantilly Fourré,
A ton dard alléché,
Elle s'offre en joyau.
*
Vêtu d'une soie brûlée et rousse,
Le fruit d'amour sourit à mes yeux
Sa trace détonante sur la mousse
Déroule un paradis mystérieux.
*
Ton aiguillon dressé
Aspire sa semence
Cime de la jouissance
Festin émoustillé.
*
En douceur, ces lisses monts, sais taquiner,
Les griser encor', soumis aux vertiges
Des fibres chaudes que mes lèvres fustigent.
Belle Vénus, reçois mes vers pour baiser.
*
Berndt & ETOILE-filante

27 octobre 2009
Les couleurs de l'amour

Ton amour est de quelle couleur
Bleu, vert
Saphir émeraude,
Un fond d'océan clair,
Où l'on voit ton désir qui rôde
Comme un poisson chat, un hippocampe voleur
*
Est-il rouge rubis
Passionné sanguin,
Carmin
Lévitant entre les hauteurs thibétaines
Et les déserts d'Arabie,
Là où les djinns jadis
Consolaient l'immense peine
De ce fou d'amour pour sa "nuit".
*
Est-il violet
A la limite de l'azur, cyan, violent
Tempête ouragan, un vent
Qui tout balaie
Puis se fait doux zéphir
Pour s'épuiser dans un soupir.
*
Arc-en-ciel de couleurs
De saveurs,
Qui transfigurent l'être
Le tirent de sa torpeur
Et le font autrement renaître.
*
Silenys le 14 août 2009

19 octobre 2009
Mais où êtes-vous...
Froidure d'automne
Ankylosant les nervures,
Tu fuis l'été .
*
De vert émeraude,
Les pétioles et les limbes
Se maquillent d'ocre .
*
Champignons, noisettes,
Attirent nos mains, en hâte,
Pour le ramassage .
*
Bolets et girolles
Focalisent la cueillette,
Truffant nos paniers .
*
Forêts revêtues
D'un voile multicolore,
Vous enflez d'orgueil .
*
Nature, sois humble,
Car la bise hivernale
Dictera sa loi .
*
Doucement la vie
Déserte le paysage
Tapissé de givre .
*
Terminant leur course
Sur l'onde d'une rivière,
Les feuilles expirent .
*
Flottant vers leur fin,
Epuisées, elles s'éclipsent
Sans signe d'adieu .
*
La cime des arbres
Secouée de toute part
Ôte sa verdure .
*
Ainsi Dénudée,
Sa silhouette frileuse
Est en proie au vent .
*
Mais, où êtes-vous
Hirondelles, mes amours ?
Printemps, je t'attends !
*
ETOILE-filante
11 octobre 2009
Un super rocker
01 octobre 2009
L'Adagio pour linceul

Cet adagio, si triste, égratigne mon coeur;
Accablé de chagrin, il sombre dans l'horreur.
En panne d'affection, il ralentit l'allure.
Ton oeuvre Albinoni réveille sa blessure...
*
Au dehors, néanmoins, tout parait idyllique,
Mais aucune importance, il n'a plus de réplique;
Couvert d'hématomes, il ne veut plus aimer.
Tes trémolos si beaux le font tant larmoyer
*
En un sanglot bleuâtre, une goutte écarlate;
Virant au cramoisi, ce mélange l'infecte.
Sans amour, aujourd'hui, l'oubli est son linceul.
Ce thème lancinant l'accule à rester seul.
*
Au seuil de tes espoirs, laisse ton cauchemar;
Goûte à ce nouveau jour, tel un précieux nectar.
Cette offrande des cieux, soignant les ecchymoses,
Avec joie, cueille-la, comme un bouquet de roses.

ETOILE-filante
















































