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16 mai 2012
Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai de Francis Cabrel

Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai
Mon enfant nue sur les galets
Le vent dans tes cheveux défaits
Comme un printemps sur mon trajet
Un diamant tombé d'un coffret
Seule la lumière pourrait
Défaire nos repères secrets
Où mes doigts pris sur tes poignets
Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai
Et quoique tu fasses
L'amour est partout où tu regardes
Dans les moindres recoins de l'espace
Dans le moindre rêve où tu t'attardes
L'amour comme s'il en pleuvait
Nu sur les galets
Le ciel prétend qu'il te connaît
Il est si beau c'est sûrement vrai
Lui qui ne s'approche jamais
Je l'ai vu pris dans tes filets
Le monde a tellement de regrets
Tellement de choses qu'on promet
Une seule pour laquelle je suis fait
Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai
Et quoique tu fasses
L'amour est partout où tu regardes
Dans les moindres recoins de l'espace
Dans le moindre rêve où tu t'attardes
L'amour comme s'il en pleuvait
Nu sur les galets
On s'envolera du même quai
Les yeux dans les mêmes reflets
Pour cette vie et celle d'après
Tu seras mon unique projet
Je m'en irai poser tes portraits
À tous les plafonds de tous les palais
Sur tous les murs que je trouverai
Et juste en dessous, j'écrirai
Que seule la lumière pourrait...
Et mes doigts pris sur tes poignets
Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai
*
Francis Cabrel

Le verbe aimer

*
Sur la plage ensoleillée,
L'océan parait plus houleux,
L’écume plus blanche que jamais,
Les nuages plus volumineux,
Dessinant des cœurs enlacés.
Hurlant, à tir-de d'aile,
Le goéland fait des looping dans le ciel.
L’azur est plus bleu, d’un bleu cobalt,
La couleur des roses plus vive
Aux fragrances plus capiteuses.
Que se passe-t-il dans l’air ?
Les signes sont-ils plus visibles ?
Moi-même, suis-je transfigurée ?
Mes yeux brillent de mille feux ;
Des étoiles y dansent avec frénésie.
Mes lèvres sont plus gourmandes,
A la vue des tiennes plus charnues.
Mon visage est plus radieux,
Le battement de mon cœur plus rapide,
Dès que tu es dans les parages.
Mes jours espèrent le meilleur ;
Mon sommeil est plus songeur.
Mes doigts sont plus fébriles,
Mes jambes plus vacillantes,
Mes entrailles plus douloureuses.
Que se passe-t-il dans l'air ?
Les signes sont-ils plus visibles ?
Toi-même, es-tu transfiguré ?
Ton regard est plus limpide ;
J'y lis de jolies pensées.
Ton sourire est plus éclatant,
Ton allure de plus en plus belle,
Ta voix plus chaleureuse,
Ton aura, où j'aimerais me perdre,
Plus accessible.
Tes pupilles sont décuplées,
Tes mains plus ouvertes,
Tes messages plus précis.
Sommes-nous en train
De conjuguer le verbe aimer,
Je t’aime, tu m’aimes, on s’aime…
*
Sophie Conord
Copyright 2008-2012 © Sophie Conord - Tous droits réservés

10 mai 2012
Au printemps

*
Au printemps, tout est beau ; on y sent les jonquilles ;
Le muguet, les boutons d’or heurtant le gazon ;
Par ici, la luzerne incisant l’horizon,
Qui impose son jaune à travers les charmilles.
*
Là, l’odeur du jasmin voyage au gré du vent,
Sur la brise légère ébouriffant nos têtes.
Je me vois flibustier sur une goélette
Toutes voiles dehors, une île poursuivant.
*
L’ivresse printanière invite au romanesque…
Les rêves les plus fous me traversent l’esprit.
Avec le mardi gras, l’entrain n’a pas de prix.
Quelle belle saison au son carnavalesque !
*
Depuis le mois de mars, la création m’émeut.
Je souhaite, avec toi, flirter sous la tonnelle,
Dans le foin, retrousser mon jupon en dentelle,
Car le temps est venu, pour nous, d’être amoureux.
*
Sophie Conord
Copyright 2008-2012 © Sophie Conord - Tous droits réservés

26 avril 2012
Porte des délices

*
A mes pieds sclérosés, jonche ma lingerie :
Ma culotte à volants ornés de broderie
Ainsi que mon bustier au teint sensationnel.
Mon tailleur en flanelle, acheté chez Chanel,
Est perdu sur le sol, auprès de mes bottines.
Serait-ce Lagerfeld ou de la nougatine...
Un parfum élégant chatouille l'odorat.
Dans un état second, je survole Ankara...
Où suis-je en vérité... sur un petit nuage ?
Je sens sur ma peau nue un humide sillage
Qui dessine des ronds aux tourbillons grisants.
Il s'infiltre en terrain conquis, agonisant.
Errant de part en part avec cette arrogance
Qui lui sied à ravir, je lui ouvre avec sciences
La porte du jardin où Adam succomba.
Heureux d'un tel honneur, il descend vers mes bas...
*
Sophie Conord
Copyright 2008-2012 © Sophie Conord - Tous droits réservés
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25 avril 2012
Le dormeur du val d'Arthur Rimbaub
Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud

Une rencontre sur le net (Premiers essais)

*
Sur le net, par hasard, je t'ai rencontré.
Tout de suite, nous avons sympathisé ;
Depuis ce jour, des rendez-vous, nous prenons.
Des mots, des idées, nous échangeons,
Afin de mieux nous connaître.
J'attends, avec hâte, nos conversations à naître.
J'aime ces instants, que je souhaite préserver longtemps.
La distance nous sépare pourtant
Et la liaison semble quelquefois impossible.
Nous ne sommes pas forcément, l'un ou l'autre, disponibles.
Grâce au net, nous devenons plus proches et plus complices.
Internet offre, malgré tout, des moments de délices
Et devient l'ennemi de la solitude, quoiqu'on en dise !
Parler ensemble m'apprend à voir la vie autrement
Et à envisager l'avenir plus sereinement.
Communiquer est le meilleur des calmants.
*
21/01/2008
Sophie Conord
Copyright 2008-2012 © Sophie Conord - Tous droits réservés

20 avril 2012
Elévation de Charles Baudelaire (Fleurs du mal)
Elévation
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Charles Baudelaire

19 avril 2012
Une flamme de plus

*
Sur ce gâteau crémeux, une flamme de plus
Réclame une requête, un souhait, que c'est chouette !
Que vais-je demander, un crocus ou un bus ?
Témoignage vibrant occasionnant la fête,
*
Aujourd'hui, je célèbre un demi-siècle et plus.
Où sont les cotillons, les ballons ou Taurides ?
Absents, tels mes vingt ans... Plus côtés à l'argus,
Mes cheveux grisonnants concurrencent mes rides.
*
Que le temps passe hélas, écourtant mon chemin.
Je revois ma jeunesse et sa désinvolture
S'estomper peu à peu dans l'oubli, c'est certain !
Evitons la pitié ou la déconfiture
*
Devant une assemblée en chœur vocalisant :
"Joyeux anniversaire" avec beaucoup de joie.
Soufflons à plein poumons tous ces feux rougeoyants
Pour le plus grand bonheur de tous, hourra, hourra !
*
Sophie Conord
Copyright 2008-2012 © Sophie Conord - Tous droits réservés
Copyright : UTKL2C4





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